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Géologie de l’Île Maurice, naissance d’une perle

Pour bien apprécier un paysage, il est important d’en connaitre l’histoire. Cette idée est aussi valable pour la géographie de l’île Maurice. Si aujourd’hui il est possible de se délecter devant des panoramas à en couper le souffle, c’est surtout grâce à une activité géologique qui a eu lieu à une époque reculée. Rappelons que l’âge de la Terre est estimé à 4,5 milliards d’années. La formation du Plateau des Mascareignes remonte à environ 40 millions d’années. La géologie de l’Île Maurice fut mise en place il y a environ 10 millions d’années.

De nombreuses études fut mené afin d’explorer la géologie du site en question. De Lacroix (en 1936), en passant par Perroud (en 1982), puis Saddul (en 1985). Voici maintenant quelques données passionnantes, connues en partie grâce au travail de ces hommes et de ces femmes. Pour réaliser cet article assez simple à comprendre, je me suis inspiré d’un mémoire sur « la géologie et les grands ensembles physiques » de l’Île Maurice, réalisé par Nicolas Villeneuve (Université de la Réunion) et Sébastien Martial (Docteur en hydrogéologie).

D’après les spécialistes, l’Île Maurice aurait pris forme en 4 périodes :

  • L’épisode primitif
  • L’épisode terminal de comblement
  • Période de lave volcanique ancienne
  • Période de lave volcanique tardive

Première épisode : géologie de l’Île Maurice

L’épisode primitif a débuté il y a environ 10 millions d’années et s’est étiré sur 2,2 millions d’années. Il a donc pris fin il y a 7,8 millions d’années. Cette première période fut témoin de la formation de l’Île Maurice, qu’on appelle « proto île Maurice ». Pourquoi proto ? Tout simplement pour définir ce qui correspondait à l’époque aux principaux contours de l’Île. A la fin de cette période, ce « proto île Maurice » ressemblait à une immense caldeira de 40 km de diamètre, dont les limites ou contours s’élevaient à 300 m d’altitude.

Qu’est-ce-qu’une caldeira ? Pour faire simple, c’est un immense cratère volcanique. La géologie de l’Île Maurice fait donc d’elle un immense cratère volcanique ! Il y avait donc pendant cet épisode plusieurs explosions et coulées de lave. 

Bon à savoir !

Il existe plusieurs types d’éruptions volcaniques, deux principalement.

  • Les éruptions explosives. Le volcan explose et expulse beaucoup de cendres, mais pas de lave.
  • Les éruptions effusives. Elles émettent des laves fluides.

Deuxième épisode : l’érosion des sommets

La géologie de l’Île Maurice se poursuit avec l’épisode terminal de comblement a commencé il y a 7,6 millions d’années, s’étalant sur une période de 1,4 millions d’années, se terminant donc il y a 5 millions d’années. Pendant cette deuxième période, l’activité puis l’érosion pendant tant d’années a fait naître plusieurs sommets bien connus de tous et observables par tous aujourd’hui. Citons cet imposant massif qui entoure la capitale de Port-Louis, ou encore Corps de Garde, le Morne Brabant, Montagne Blanche, le dôme de Chamarel

Bon à savoir !

Qu’est-ce que l’érosion ? Il s’agit de l’usure, et par conséquent la transformation naturelle des sommets dues aux conditions atmosphériques.

Période de lave volcanique ancienne

Cette période débute il y a 3,5 millions d’années, pour s’étirer sur 1,8 millions d’années. Elle prendra fin il y a 1,7 millions d’années. Les choses seront plus calmes pendant cet épisode. Les laves vont poursuivre leur travail, remplissant ainsi les vallées et la caldeira, cet immense cratère au centre de l’île Maurice. 

Période de lave volcanique tardive

L’heure est venue de terminer la géologie de l’Île Maurice. Nous sommes il y a 0,7 millions d’années. Cette période va durer jusqu’aux dernières éruptions volcaniques recensées sur l’île, c’est à dire, il y a environ 25 000 ans. Ça chauffe en cette période finale puisque de belles activités volcaniques effusives vont avoir lieu. Toute cette coulée de lave va se solidifier, et laisser des traces. On peut toujours en observer aujourd’hui les vestiges, comme par exemple le Trou aux Cerfs de Curepipe, Grand Bassin ou encore Kanaka. La particularité de chacun de ces cratères, c’est qu’ils sont couverts par un lac.

Trou aux Cerfs
Trou aux Cerfs (Curepipe)

Toutes ces activités géologiques ont laissé au temps le temps et la patience de finir de dessiner l’île Maurice, telle que nous la connaissons aujourd’hui. On y recense une vingtaine de volcans. Certains sont observables sous forme de cratère, d’autres sont des cônes sans cratère. Il y en a aussi sous forme de dômes recouvert de trachytes, une roche volcanique. C’est le cas à Chamarel. Au final, s’il y a une chose à ne pas oublier, c’est que la géographie de l’Île Maurice veut qu’elle soit elle-même est un cratère géant. Sans vouloir faire peur, les dernières activités volcaniques à Maurice ne remontent qu’à moins de 25 000 ans. Cette donnée force les spécialistes à décréter que le Trou aux Cerfs par exemple est simplement éteint. Pour officiellement définir un volcan comme étant éteint, il faut attendre minimum 10 000 années d’inactivités.

Bon à savoir !

Un volcan peut se trouver dans un des 4 états suivants :

  • En éruption
  • Actif
  • Endormi
  • Eteint

En attendant, profitons des points de vue exceptionnels proposés par ces sommets imposants. En les observant, ils nous rappellent qu’avant nous et nos ancêtres, eux, étaient déjà présent et au travail pour nous offrir cet habitat exceptionnel. Ils nous rappellent notre petitesse devant cette notion du temps qui nous dépasse. 

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