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L’histoire de l’île Maurice, de la lave à l’exploration-1

C’était il y a 25000 ans. Aucun drone n’existait à l’époque. Des points de vues exceptionnels sur les dernières activités volcaniques de l’île, accompagnées de laves, de grondements, et de chaleurs auraient pu être filmés. Puis, le temps a façonné les courbes de cette immense caldeira pendant les 25000 dernières années et ensuite le silence. Tout était en place pour que débute l’histoire de l’île Maurice.

Commerce et conquête

L’île Maurice était toujours déserte et la population mondiale ne cessait d’augmenter. Il y avait peut-être 100 millions d’habitants sur Terre en l’an 2000 avant notre ère. Chaque peuple continuait à développer ses propres richesses en profitant de ce que la Terre avait à lui offrir. C’est ainsi que certains possédaient ce que d’autres n’avaient pas. Citons dentelle, brocart, damas et velours. Ambre, fourrures, bois, laine, miel, et cire. Argent, soie, huile, coton, teintures, ivoire, parfums et surtout, or et épices.

Ce sont les marchants arabes qui détenaient le monopole des aromates

Par conséquent, un commerce mondiale a commencé à se mettre en place. L’histoire de l’île Maurice entre dans ce contexte. Cependant, il n’y avait ni Aliexpress, ni Amazon, ni EBay… Pendant le premier et deuxième millénaire av.n.è., ce sont les marchants arabes qui détenaient le monopole des aromates par exemple. D’autre part en 1200 av.n.è, les Phéniciens avaient déjà placé des villes commerciales en Occident, comme Gadir en Espagne. Ils vendaient leur savoir-faire, notamment la pourpre, un tissu coloré à l’aide d’un colorant extrait de coquillages.

Première découverte de l’île Maurice ?

Durant cette époque, les navires vont plutôt se déplacer à l’intérieur de la Méditerranée. Mais d’après l’historien Hérodote, en 600 av.n.è, le Pharaon Néko demande aux phéniciens de faire le tour du continent africain (action qu’on appelle circumnavigation). Cela les amène à longer la côte Est-africaine, dans les eaux de l’océan indien. Certains pensent alors qu’ils y ont découvert les Mascareignes, et donc l’île Maurice.

En 332 av.n.è, Alexandre le Grand, guerrier Grec, va étendre son empire de l’Egypte à l’Inde ! Mais environ 600 ans plus tard, Rome succède à la Grèce et devient la Puissance Mondiale. L’empereur Romain, Constantin le Grand, transfère la capitale de son empire à Byzance, aujourd’hui Istanbul en Turquie. Cette ville devient alors le centre du commerce mondial. C’est durant ce siècle que les arabes vont sillonner l’océan indien jusqu’en Chine avec un équipage de 60 hommes. Ils y découvrent l’île Maurice, et l’appellent Dîna Arobi. A partir du 8ème siècle, les Chinois aussi explorent l’océan indien. L’histoire de l’île Maurice se poursuit.

A la recherche des îles aux épices

Au XIIIè siècle, beaucoup de marchands Vénitiens s’installent à Constantinople (Istanbul) pour faire fortune. C’est le cas du père de Marco Polo, grand explorateur. Ce dernier est né à Venise en 1254. Puis à l’âge de 17 ans, il commence un voyage incroyable avec son père et son oncle, jusqu’en Asie. Ils rentreront 24 ans plus tard.

L’histoire de l’île Maurice est donc bien liée aux épices. Île aux mille saveurs exceptionnelles.

Nous sommes maintenant à la fin du XVe siècle, et les marchants arabes, passant par les terres, sont toujours ceux vers lesquels on doit se tourner pour acquérir des produits rares, raffinés et lointains, notamment d’Inde. A cette époque, l’épice et l’or étaient très demandés en Europe. L’or permet par exemple de s’offrir des produits de luxe d’Orient. Les Européens se mettent donc à la recherche d’une route maritime menant directement aux pays fournisseurs situés à l’Ouest. Ils veulent des épices pour rehausser le goût de leur plat. L’histoire de l’île Maurice est donc bien liée aux épices. Île aux mille saveurs exceptionnelles. Bref, revenons à notre sujet ! Christophe Colomb pense pouvoir parvenir à trouver la Route des Indes en passant par l’Ouest. Ce qui reviendrait aujourd’hui à penser rejoindre l’Inde depuis l’île Maurice en passant par l’Océan Atlantique et les Etats-Unis. Le 3 aout 1492, il quitte donc l’Espagne pour entreprendre ce long voyage. Sa découverte des Amériques et de ces îles plongera davantage le monde dans le commerce des esclaves.

Un tournant dans l’histoire humaine

Pieced together from Biblioteca Estense, Modena, Italy, Domaine public, Lien

De plus, l’Espagne et le Portugal sont des explorateurs qui nourrissent de grandes ambitions. Ces puissances navales souhaitent avoir la maitrise des terres et du commerce et vont attaquer plusieurs points de vente arabes. Les européens souhaitent s’enrichir. Eux aussi sont sur les traces des célèbres îles aux épices ! Alors, incroyable mais vrai, mais le 7 juin 1494, un décret papal va changer le visage du monde, le Traité de Tordesillas.

Il autorise l’Espagne et le Portugal à christianiser, s’approprier et défendre les terres nouvellement découvertes.

Avec une simple ligne, le pape Alexandre VI va couper la Terre en deux. Il autorise l’Espagne et le Portugal à christianiser, s’approprier et défendre les terres nouvellement découvertes respectivement à l’Ouest et à l’Est de cette ligne. Rappelons au passage que le terme « découverte » n’est pas véritablement approprié dans la mesure ou plusieurs de ces terres sont déjà habitées. Beaucoup d’autochtones seront d’ailleurs traités de façons dégoûtantes, répugnantes et révoltantes. Mais quel rapport tout cela a-t-il avec l’histoire de l’île Maurice ?

Traité de Tordesillas ; Par Original: Biblioteca Nacional de LisboaPhoto: User:Joserebelo — Biblioteca Nacional de Lisboa, Domaine public

La Route vers les Indes ouverte !

Le 8 juillet 1497, le navigateur Vasco de Gama quitte Lisbonne au Portugal. Il y reviendra le 8 septembre 1499 en ayant réussi à longer la côte ouest-africaine pour rejoindre le sud, puis remonter vers le nord par la côte est et ainsi traverser l’océan Indien en direction des Indes. Cet explorateur reviendra à Lisbonne chargé d’épices. Il est le premier européen à ouvrir cette route tant recherchée. Mais pour cela, il se fera aider d’un navigateur arabe très expérimenté. Par la suite, beaucoup emprunteront cette route et forcément, feront une halte à l’île Maurice.

Les premières cartes de Maurice, Rodrigues et la Réunion datent de 1502.

D’ailleurs, les premières cartes de Maurice, Rodrigues et la Réunion datent de 1502. Elles sont l’oeuvre d’Alberto Cantino. On attribue donc la découverte de l’île Maurice aux portugais, bien que le nom qui lui ai été donné sur ces cartes est arabophone, Dîna Arobi. Bien-sûr, au vue de l’histoire, et comme nous l’avons évoqué dans les débuts de l’article, les arabes, les phéniciens et chinois avaient déjà sillonné l’Océan Indien. Mais l’écriture et le papier attestent l’histoire. Alors, faute de preuves de ce genre, la découverte de l’île Maurice, et plus largement des Mascareignes est attribuée aux portugais.

Suite de l’histoire de l’île Maurice

Les espagnols sont bien décidés à déloger tous les comptoirs arabes présents en Inde. Tout le monde veut profiter de ce juteux commerce aux épices. C’est alors que commence le 20 septembre 1519 « le plus grand exploit naval de l’histoire ». Comme Christophe Colomb avant lui, Fernand Magellan est convaincu que le plus court chemin pour atteindre les Indes, c’est de passer par l’Amérique du Sud. Cette décision l’amènera dans un voyage planétaire. On lui doit l’appellation « Océan Pacifique ».

Ainsi, jusqu’ici, ni les Phéniciens, ni les Arabes, ni les Chinois, ni les Espagnols, ni aucun autre peuple qui en ai eu l’occasion ne s’installent à l’île Maurice. Pourtant, ce petit paradis de l’océan indien va sérieusement intéresser 3 nations en particulier. Nous finissons donc ce sujet par une virgule au 20 septembre 1519, et nous le reprendrons à partir de l’année 1584.

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