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L’histoire de l’île Maurice, de l’exploration à la colonisation-2

David Hume, philosophe écossais du XVIIIe siècle, a écrit, je cite, « Je soupçonne volontiers tous les Noirs, et de façon générale toutes les autres espèces d’hommes, d’être par nature inférieurs aux Blancs ». Cette pensée est manifestement celle que beaucoup ont soutenue des siècles auparavant, et continué de soutenir par la suite. Car il ne faut pas s’y méprendre, l’esclavage existait déjà à l’époque depuis des milliers d’années. On dit que Maurice de Nassau a posé les pieds à l’île Maurice en 1598. Mais avant de poursuivre l’histoire de l’île Maurice, posons ensemble les bases du contexte historique dans lequel s’inscrit son récit. 

L’esclavage sur la Route des Indes

Pendant longtemps, les prisonniers de guerres entre tribus africaines étaient vendus à des marchands durant la période pré-coloniale. Dès le Ve siècle, les commerçants Arabes, Chinois et Indiens sont très demandeurs. De plus, le commerce des esclaves est une manne pour les navigateurs Arabes dans l’Océan Indien aux VIIIe et Xe siècles.

Mais avec le temps, les Européens ont commencé a s’intéresser sérieusement aux produits de l’Orient. Cependant, ils souhaitent aussi christianiser les populations découvertes. Christophe Colomb par exemple, bien qu’explorateur de renom, touchera à la dignité des autochtones qu’il rencontrera sur la Route des Indes qu’il cherchait en 1492. Mais au lieu de tomber sur l’Indes et ses épices, il tombe sur les Amériques et les Antilles.

L’esclavage arrive à l’île Maurice

Pour exploiter les terres riches en canne à sucre, les hommes vont exploiter les habitants. C’est un fait, on vend de l’or et des épices, mais aussi des esclaves. Dans l’Occident, un commerce triangulaire se met en place de l’Europe à l’Afrique, de l’Afrique aux Amériques, et des Amériques à l’Europe. Des bateaux négriers achèteront des esclaves en Afrique pour ensuite les revendre sur des marchés aux esclaves. Les colonies en ont besoin pour travailler à extraire la matière première.

Par Bojan Brecelj/Corbis — Photographie personnelle, Domaine public, Lien

Ce sont plus de 12 millions d’Africains qui ont été réduits en esclavage

Entre les XVIIe et XIXe siècles, ce sont plus de 12 millions d’Africains qui ont été réduits en esclavage. Pour l’Océan Indien, ce serait 4 millions de personnes qui auraient quitté l’Afrique pour travailler comme esclave à Madagascar, les Comores et les Mascareignes entre les XVIIIe et le XIXe siècles. Les Pays-Bas, la France et l’Angleterre entre autres utiliseront les Compagnies des Indes Orientales. Chacune aura la sienne, l’objectif étant de contrôler le commerce asiatique.

Les Hollandais arrivent à Maurice

Maurice de Nassau est né le 14 novembre 1567, et devient à l’âge de 20 ans gouverneur des Pays-Bas. Son objectif est la conquête. Il remporte des victoires sur les Espagnols. Pour conquérir les Indes, en 1592, il envoie des espions sur les bateaux Portugais qui se rendent aux Pays du Soleil Levant. Entre 1598 et 1602, les Néerlandais vont envoyer des dizaines de navires dans l’Océan Indien. En 1598, ils débarquent sur une des perles de cette étendue, à Grand Port, sous le commandement de l’Amiral Wybrand Van Warwyck. Les marins vont alors baptiser ce merveilleux bout de terre du nom de Mauritius, en l’honneur de leur gouverneur Maurice de Nassau. Quatre ans plus tard, les différentes petites compagnies commerciales néerlandaises qui tentent de faire fortune avec les produits de l’Orient se regroupent en une seule, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, le 20 mars 1602.

Les Hollandais comprennent que l’île Maurice a un gros potentiel. Elle est située sur la Route des Indes entre l’Afrique et l’Orient. Alors en 1638, ils vont commencer à la coloniser. Mais qui sont les hommes et les femmes qui auront pour but de la peupler ? Qui sont ceux qui devront y travailler dur pour y survivre ? Ce sont des esclaves Africains, Asiatiques et Malgaches, qui à partir de 1642 vont organiser la résistance. On les appelle les Marrons. Un terme utilisé à l’époque pour désigner les animaux domestiques retournant à l’état sauvage. Les Marrons se retrouvent en petit groupe dans les montagnes. Le Morne Brabant est aujourd’hui symbole de l’esclavage à Maurice. 

L’échec des Hollandais

Les premiers colonisateurs de l’île Maurice vont bien en profiter. Seulement voilà, on leur reproche d’avoir éradiqué du bois précieux comme l’ébène. Le célèbre Dodo, aura aussi été une de leurs victimes.

Par Goodrich, Frank Boott — NYPL Digital Gallery, Domaine public, Lien

 

Les Néerlandais auront développé à Maurice le commerce des esclaves afin d’exploiter les richesses de l’île. En effet, à cette époque, « les Compagnies des Indes préféreront puiser dans les réservoirs de main-d’œuvre locale trouvant de nombreux avantages économiques. Le commerce des esclaves étant déjà une pratique courante dans les pays convoités par les nouveaux colons, ils investissent cette activité nouvelle pour ravitailler en main d’œuvre les îles de l’océan Indien », d’après Mr. Sudel Fuma, Professeur d’histoire ( Université de La Réunion, Directeur de la Chaire Unesco)

L’île Maurice de nouveau seule

Malgré le commerce des esclaves, et la tentative de colonisation, les Néerlandais décident de quitter l’île Maurice en 1712 car les affaires ne sont pas bonnes. A-t-on aujourd’hui une trace de leur passage ? La réponse est oui. Citons la montagne Peter Both. Peter Both était le nom d’un néerlandais né en 1568 et mort à l’île Maurice le 6 mars 1615. Il représentait l’autorité Néerlandaise dans les Indes.

Les cerfs et la canne à sucre auront été introduits par ces derniers. Ainsi, la tentative de colonisation de l’île Maurice par les Hollandais fut un échec. Au moment de quitter l’île, que sont devenus les esclaves qui y vivaient ? Se trouvait-il encore des esclaves le jour où les Français ont annexé l’île Maurice le 20 septembre 1715, soit 3 ans plus tard ? Je continue à chercher la réponse. En attendant, poursuivons le récit avec l’arrivée des Français.

One Comment

  • MARIE FRANCE DABEE

    Je n’aime pas trop l’histoire mais là ça m’a passionné, j’ai appris pas mal de choses. A quand la suite…

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